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Un divan pour la scène

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Parue sur Theothea.com et Agoravox

Mercredi 15 Avril 2015
« Un Divan pour la Scène »

 
Point de canapé rouge sur scène, encore moins de divan dédié, comme s’il fallait d’emblée faire mentir le titre de la pièce, afin de faire table rase des idées toutes faites sur la cure analytique ! En effet, celle-ci se déroule avant tout dans le mental de l’analysé, agissant en interaction avec celui de l’analyste. C’est de cette confrontation en miroir que va surgir la ligne directrice du texte de Jean-Luc Solal : « Faire face ».

Mais avant de parvenir aux applications concrètes de ce remède empirique, il faudra le détour de la cure, en prise directe avec « le mal de vivre », ici représenté par « le mal de jouer ». Quel meilleur lieu, en effet, pour revivre les traumatismes originels, que l’espace et le temps de la répétition théâtrale s’offrant en perspective tout le champ des failles possibles ? C’est bien ce que semblent avoir compris tous ensemble, Colombe, Erwann, Julia, Charles & Vincent qui, dans une répartition de rôles métaphoriques, vont s’employer à intriquer ceux du metteur en scène, du psychanalyste et de son conseiller face à deux figures féminines archétypales, complémentaires ou rivales selon les situations, d’une part, la comédienne malléable à souhait et d’autre part, la provocatrice systématique.

Paradoxalement, tout ce beau monde aura pour mission théâtrale de rendre l’estime de soi accessible à chacun, de manière à neutraliser les options contre-performantes telles que l’agressivité, la fuite ou la soumission, devenant de fait caduques. « Faire front » ou « faire face » vont donc apporter des réponses structurantes en refusant l’attrait fallacieux du « lâcher prise » :
La mise en scène de Jean-Luc Solal s’appuie délibérément sur des rôles stéréotypés en les poussant au bout de leur logique qui, inévitablement, se retournerait contre eux si, de manière concomitante, il n’y avait la volonté affichée de faire œuvre thérapeutique tout en distillant une ironie distanciée à l’égard de toutes les velléités d’orgueil mal placé.

Au début de la pièce, la prise de conscience par Colombe (Claire Tatin) de son mal-être engendré par les répétitions de Don Juan, sous la mise en scène d’Erwann (Grégory Ondet), l’amène à consulter un psy. Il s’agit, en l’occurrence, de Vincent (Jean-Luc Solal) qui va devoir, lui-même, rapidement se confier à Charles (Stéphane Berger), son analyste didactique, du problème relationnel qu’il rencontre avec Julia (Olga Shuvalova), jeune femme jouant étrangement avec les codes de la séduction.
A terme, Colombe finira par réussir à tenir tête aux manipulations de son metteur en scène alors que Vincent parviendra, lui, à se focaliser sur un modèle féminin bénéfique à sa personnalité.
Toutefois, pour parvenir à cet objectif, il faudra qu’à ce jeu de rôles, Erwann et Julia aient parfaitement rempli leurs fonctions respectives de mouche du coche devant pousser la comédienne et le psy aux confins de l’exaspération dépressive.
Si le rôle d’Erwann, malgré son outrance de gourou des planches, est d’autant plus crédible que son abus de pouvoir vis-à-vis de Colombe est manifeste, il nous a semblé, en revanche, que celui de Julia l’était moins car, jusqu’au bout de la pièce, le spectateur ignore les motivations réelles de la jeune femme à vouloir ainsi provoquer Vincent. Olga Shuvalova aura d’autant plus de talent à incarner cette composition de « garce » qu’il lui faudra camper, en de courtes séquences démonstratives, ce rôle de séductrice comptant sur le hasard pour justifier son omniprésence opportune sans cependant être en mesure d’en dévoiler la raison signifiante.
Cette pièce contemporaine haut de gamme a l’ambition, à la fois, de distraire par la caricature en même temps que de mettre en lumière dynamique le fléau sociétal du harcèlement tout azimut rencontré à tous les étages des hiérarchies sociales.

Le « faire face » prôné en viatique à toute tentation d’esquive est profondément pédagogique mais comme il nécessite, de manière corollaire, la pratique subtile du relativisme face à toute situation de stress relationnel, celui-là relèvera sans doute davantage de la bonne intention que d’une panacée clefs en mains !
Il n’empêche, cette pièce de Jean-Luc Solal invite, avec humour latent, à une réflexion bien documentée sur la démarche « psy » plongée au cœur des rapports de force eux-mêmes conjugués au quotidien sous réactualisation permanente.

Jean-Marie Couvet
UN DIVAN POUR LA SCENE - **.. Theothea.com - de & mise en scène Jean-Luc Solal - avec Stéphane Berger, Grégory Ondet, Olga Shuvalova, Jean-Luc Solal et Claire Tatin - Petit Théâtre Odyssée / Art Studio Théâtre
 
 
Sur la scène dépouillée du Funambule, cela commence classiquement : une actrice, Colombe, vient consulter Vincent, un psy. Malgré le titre, ils sont assis tous les deux : l’échange s’amorce, des choses sont dites et puis le psy clôt la séance. À la semaine prochaine.
Jean-Luc Solal, auteur, interprète et metteur en scène est un personnage curieux : autant il peut forcer un peu son jeu dans certaines scènes, autant quand il écoute, qu’il joue son rôle de psy, il est sobre et attentif. Claire Tatin fait exister joliment son personnage de femme qui doute. Puis tout s’agite et rebondit : d’autres personnages interviennent, alors qu’on s’attendait, banalement, à une suite de séances faisant progresser l’analyse. Il y aura cela mais aussi autre chose : voici donc Julia, une ex’ du psy, le superviseur du même psy (excellent José Da Silva) et Erwan, ci-devant metteur en scène, un peu amoureux de Colombe aussi, qui lui fait travailler le rôle d’Elvire dans le don Juan de Molière. La force de la pièce, c’est évidemment de mettre en parallèle deux itinéraires, celui de Colombe et celui de Vincent, qui n’a pas tout résolu personnellement, tant s’en faut.
Et si Vincent, qui redoute les situations où il perd le contrôle et Colombe, qui subit la pression des hommes, sans avoir la force de résister… étaient dans des problématiques proches ? Tout n’est pas drôle, dans cette pièce : il y a même une gravité, non forcée, qui met mieux en valeur les moments de détente, ceux, par exemple, où le psy parle trop vite ou réagit « mal » et en prend soudain conscience. Jean-Luc Solal colle au rôle : on est emporté avec lui dans ses difficultés. On guette ses élans, ses hésitations, sa culpabilité éventuelle. Digne et fragile à la fois, Claire Tatin nous fait suivre à la fois le cheminement de la femme et celui de l’actrice. Belle présence de Grégory Ondet, dans le rôle du metteur en scène, tandis que José da Silva, bonhomme… est la « référence », celui qui sait et conseille. Olga Shuvalova est tout charme et malice, en femme qui ne se résout pas à avoir été quittée.
Le succès de la pièce (lié pour une bonne part au bouche à oreille) est mérité. On ne s’ennuie pas. On réfléchit au passage sur l’enfance et ses abus, sur l’autonomie et, sans que cela soit insistant, sur la cure analytique telle que la concevait Jung (différemment de Freud, donc). On rit… ou on sourit. On jubile parfois. Cette heure quarante-cinq de divan est très plaisante. Que dire de plus ?
 
Écrit par Gérard Noël

Un divan pour la scène :
Que faire face à une relation toxique? En rire!
Par Delphine Caudal - Lagrandeparade.fr/ Ce qui résiste persiste, ce qui fait face s’efface…. Que faire, confronté(e) à une relation toxique ? Laisser sa colère s’exprimer, fuir le danger, se laisser séduire… ou affronter ses démons ?
Une séance de psychologie teintée d’humour et de situations cocasses est proposée au théâtre Le Funambule. «Un divan pour la scène», une comédie thérapeutique, dramatique et drolatique à souhait, aborde le sujet de l’abus et de la domination avec adresse et subtilité.
Vincent, impliquée dans une relation tumultueuse, est le thérapeute de Colombe, une actrice en proie à un mal-être existentiel touchant sa vie professionnelle et sentimentale. Les deux personnages, perdus et tourmentés dans des situations qui leur paraissent inextricables, sont confrontés à des êtres en mal de pouvoir sur autrui.
Colombe peine à résister aux avances de son metteur en scène Erwan, lequel profite des répétitions pour établir un contact physique… Vincent, quant à lui, tente de tenir à distance une femme aussi belle et déterminée qu’asservissante avec ses amants.
Les acteurs proposent une représentation très réussie avec un jeu vivant et captivant. Jean Luc Solal, très convaincant dans son rôle de thérapeute, donne beaucoup de rythme à la pièce. Son rôle ambivalent, de psychiatre et d’amant tourmenté rappelle avec finesse que les médecins peuvent être sujets aux mêmes maux que leurs patients…
La pièce prend un tour divertissant avec Olga Shuvalova en redoutable séductrice pour le moins caricaturée, mais qui sait aussi jouer la carte du dramatique lors du récit empreint de souffrance de Colombe…
Un scénario riche et intelligent, qui amuse, interroge, émeut par la diversité des tableaux et la justesse des comédiens dans leur rôle respectif. Deux histoires entremêlées, qui se rejoignent dans un épilogue teinté d’espoir, un véritable moment d’émotion et de réflexion psychologique !
 
Écrit par Delphine Caudal, le27 septembre 2017

«Un divan pour la scène» : bienvenue chez les psys

Et si vous passiez la soirée dans le cabinet d’un psy ? Sur la scène du théâtre Funambule à Montmartre, on sort le divan tous les soirs. Et c’est loin d’être triste !


Entre les deux fauteuils, le tirage noir et blanc d’un vieil homme moustachu, la pipe aux lèvres. Vincent est jungien, et la photo de son maître trône bien en évidence dans son cabinet. Bienvenue chez les psys, et précisément chez ce thérapeute sûr de lui, au débit impressionnant, sorte de Louis Jouvet dopé aux mimiques de Benoît Poelvoorde.
Aujourd’hui, c’est Colombe qui consulte. Tourmentée, hésitante, cette comédienne est en souffrance. Elle travaille sur le grand monologue d’Elvire dans l’acte IV de «Dom Juan». Et son metteur en scène lui impose une lecture qui, chez elle, remue le passé.
Un psy speedé


A peine est-elle sortie, qu’on découvre l’autre facette de Vincent. Cette fois, c’est lui qui est en plein doute, soumis au harcèlement d’une femme qui se refuse à lui tout en lui imposant une relation à haute teneur érotique. Voilà le psy qui perd tout recul, incapable d’appliquer pour lui-même ce qu’il conseille à ses patients à longueur de journée… Et obligé de lancer des SOS à son superviseur pour ne pas sombrer.


D’un cabinet à l’autre, en passant par une salle de répétition, ils sont cinq à participer au chassé-croisé. Tous excellents. Au centre du jeu, Jean-Luc Solal - qui signe aussi la mise en scène - est étonnant en psy speedé au bord de la crise de nerf. Claire Tatin est son parfait contraire, fragile artiste en questionnement perpétuel, tétanisée par un lourd passé prêt à ressurgir. L’épatant José Da Silva incarne avec bienveillance, humour et rondeur le sage, le superviseur, ce psy du psy qui ne cesse de remettre son ami défaillant sur les rails. Grégory Onde (dans le rôle du metteur en scène) et Olga Shuvalova (la «bombe» qui menace Vincent) complètent une distribution sans fausse note.
Distribution sans fausse note


Mise en scène épurée, décor minimaliste, on ne voit pas passer ces presque deux heures de théâtre malin qui donne vraiment à réfléchir. Entre drame psychologique et comédie, Solal et ses camarades ont parfaitement placé le curseur. Ne traînez pas, «Un divan pour la scène» n’est à l’affiche que jusqu’à fin octobre. Ce serait dommage de ne pas essayer ce divan si confortable.

 
Par Pierre-Yves Grenu @Culturebox
Publié le 09/10/2017

Une pièce intelligente et drôle sur la meilleure façon de sortir (par le haut) du harcèlement et de la manipulation ? C’est le pari réussi d' « Un Divan pour la scène ». Courez-y !

« L’art est un mensonge qui dit la vérité ». Comment ne pas songer aux célèbres mots de Cocteau en quittant l’écrin du théâtre du Funambule où l’on vient d’assister à la représentation d' « Un divan pour la scène », véritable petit joyau théâtral écrit et mis en scène par Jean-Luc Solal. Non seulement on ne voit pas passer le temps, grâce à une orchestration parfaite, mais la pièce a justement pour cadre, en partie, les coulisses d’une pièce de théâtre en cours d’élaboration : du théâtre dans le théâtre en somme. Par une formidable mise en abîme, l’auteur aborde en fait une thématique universelle souvent traitée à l’écran par les plus grands (Lubitsch ou Mankiewicz) mais peu sur scène : la manipulation.

Car de la science de l’artifice, consubstantielle au théâtre, à la manipulation mentale il n’y a, hélas, souvent qu’une maigre paroi que des metteurs en scène abusifs ou inexpérimentés, franchissent allégrement. Qu’on en juge : Colombe (émouvante Claire Tatin), actrice de profession, vient consulter Vincent (Jean-Luc Solal, électrique à souhait), thérapeute, pour un mal-être aussi professionnel que personnel. Elle a le vague sentiment que le metteur en scène (Grégory Ondet) qui la dirige dans les répétitions du grand monologue d’Elvire dans l’acte IV de « Dom Juan » trahit le texte de Molière et profite de son trouble pour entretenir une ambiguïté sentimentale avec elle. Le théâtre et la relation avec ce dernier vont rapidement devenir le matériau principal de la cure : Colombe, jouant Elvire, sous cette direction équivoque, rejoue inconsciemment sa vie passée, répétant le vécu douloureux de son rapport avec les hommes.

Parallèlement, Vincent, lui-même en supervision, essaie de comprendre pourquoi est-ce si difficile de mettre un terme à une relation qui le fait exagérément souffrir. On le voit, le propos n’est pas celui du subterfuge au théâtre mais de la vulnérabilité du comédien. Celle-ci se pose de manière particulièrement exacerbée puisque par définition, le comédien est la matière même du travail artistique, à partir de sa mémoire corporelle et émotionnelle qu’il doit activer, et ce dans un univers très précaire. D’où une exposition plus grande aux phénomènes manipulateurs, aux stratégies de séduction et de domination. À l’effet miroir traditionnel du théâtre s’ajoute un effet « loupe » puissant sur le spectateur. La pièce nous renvoie avec subtilité aux scénarios de manipulation que nous réserve la vie ; comme autant d’embûches mais aussi de tremplins pour rebondir.

Dans beaucoup de domaines, professionnel, sentimental, amical, familial, la relation humaine est guettée, depuis le péché originel, par la tentation d’emprise sur l’autre. Le savoir aide justement à s’en libérer pour croître humainement et ne pas reproduire
des mécanismes inconscients. Quel adolescent n’a pas, tôt ou tard, senti passer le vent de « mauvaises influences » et parfois l’urgence à s’extirper d’amitiés plombantes ? Quel jeune adulte ne s’est pas, d’une manière ou d’une autre, confronté à un parent possessif, qui ne s’est pas un peu trop vite abandonné dans les mains d’un « maître » ou fourvoyé en amour ? Qui n’a pas rencontré des situations de harcèlement moral ? Merci à Jean-Luc Solal de nous permettre de tirer tout cela au clair pour en sortir par le haut, et avec le sourire ! Mieux : on rit même énormément. Et on savoure un texte écrit dans un beau français. Il y a toujours un petit peu de Woody Allen dans les pièces qui évoquent la psychanalyse. Nous n’avons qu’un seul mot : Courrez-y en famille, avec des grands adolescents.

Par Diane Gautret
 
 
 

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Contact : Jean-Luc Solal
Théâtre de la Promesse
Jean-Luc Solal
Mail : theatredelapromesse@gmail.com
Tél: 06 70 57 28 30