Dans un montage alterné d’extraits dramatiques et autobiographiques, Paul Claudel revisite les hauts et les bas de son itinéraire spirituel.
Quelle bonne idée d’avoir édité les textes choisis par Jean-Luc Solal pour nous « faire vivre » cette conversion ! On dispose ainsi d’une « histoire d’une âme » claudélienne, où le cœur tourmenté s’exprime tour à tour dans le jaillissement de la création poétique et dans les textes autobiographiques en prose où Claudel relit son itinéraire de grâce.
L’ensemble est d’une grande cohérence dans la diversité émotive de ses approches, qui sont autant de facettes d’une même expérience d’amour entre ténèbres et lumière, réticences de l’homme pêcheur et abandons de fils prodigues. .
A ceux qui n’auraient jamais lu Claudel, ce précieux petit livre offrira aussi un accès privilégié à son univers, en leur permettant d’apprivoiser ce qui, dans sa poésie, pourrait sembler obscur au néophyte. De Tête d’or à Partage de midi, il n’est pas en effet de meilleure clef pour comprendre cette œuvre que l’expérience spirituelle donnée dans la foi chrétienne.
Florence Eibl
Le Point : « Un Claudel rendu très humain par le talent de son interprète »
Hebdomadaire d’information du vendredi 29 mars 2002 n° 1541
Catherine Fantou Gournay, qui prépare un colloque Claudel à Sarov, en Russie, met en scène des textes du poète dits par Jean Luc Solal. Le comédien s’identifie à l’écrivain et crie ses tourments, sa révolte, sa joie d’avoir retrouvé l’espérance. Il évoque sa conversion à 18 ans à Notre Dame, puis, plus tard, sa rencontre avec Ysé sur le bateau qui le ramenait en Chine. Il parle du « Partage de midi », qui est « la relation exacte de l’aventure horrible où je faillis laisser mon âme et ma vie après dix ans de vie chrétienne et de chasteté ». Un Claudel rendu très humain par le talent de son interprète. C. H.
Athletic Théâtre, Neuilly
Le Figaro Magazine : « C’est construit comme un suspense et on est captivé »
Bulletin de la Sté Paul Claudel : « C’est une grande leçon de désir que nous donne Jean‑Luc Solal, d’un désir que plus rien n’embarrasse, n’embourgeoise, du désir de tous les désirs, unique désir de l’Un »
« Un comédien et des textes, mais ici rien d’habituel ni de convenu. Les textes sont tous de Claudel, empruntés aussi bien à son théâtre, à ses poésies, à tel ou tel écrit de circonstance, et le tout fortement orienté, noué par l’interrogation ardente du jeune homme qui devant nous les dit et les joue. Simple en apparence, l’entreprise est originale car toute personnelle. Un être avec passion se découvre dans les traces laissées par un autre qu’il découvre .Jean-¬Luc Solal traque derrière les mots, pour la revivre, la passion intérieure de l’homme qui, il y a un siècle, s’est appelé Paul Claudel.
Le moment le plus pathétique du spectacle est la seconde conversion, la conversion à la Femme cette fois réelle et interdite, lorsque le poète sur le bateau a rencontré Ysé. Conversion suivie d’un reniement forcé puisque Ysé s’est enfui, mais conversion éternisée doublement : dans l’art par l’écriture de Partage de midi, et dans la foi par le « non » porté à la hauteur d’un sacrement. L’acteur ici atteint un sommet. Préparés et ponctués par les explications en prose de l’auteur, les fragments de la pièce autobiographique choisis par Jean Luc Solal atteignent à l’incandescence, font soudain devant nous exister la femme absente et adorée, jusqu’à la révolte et la capitulation finale d’un Cantique de Mésa qui, au terme de la montée sans faille que le spectacle constitue, passe sans doute plus efficacement encore que sur la scène d’un grand théâtre.
L’émotion change de couleur dans un final inattendu et qui pourtant s’impose. Le poème de Sainte Thérèse fournit la synthèse poétique parfaite où « ce pays entre la mer et la mort » et « mourir plutôt que de vivre sans aiguillon » culmine dans un dernier vers ravageur : « Coule tout le navire sous lui et passe outre par la passion et par le désir ! ».
C’est en effet une grande leçon de désir que nous donne Jean Luc Solal, d’un désir que plus rien n’embarrasse, n’embourgeoise, du désir de tous les désirs, unique désir de l’Un. Pareils textes, ne faire que les lire, ne faire que les jouer à plusieurs, c’eût été les défigurer. Il fallait que les vive un homme jeune et seul dans un décor simple, dans la lumière et la musique. Un homme seul et nu : Jean Luc Solal dans la mise en scène merveilleusement sobre et forte de Catherine Fantou Gournay. »
Michel Autrand, Président de la Société Paul Claudel
Préface à l’édition du texte
Bravo pour cette soirée, pour la performance, pour le texte. Interprétation remarquable. Merci. Quelle intensité !
C’est un magnifique spectacle, très poignant. Merci.
Merci de m’avoir fait découvrir un Paul Claudel si humain, si proche de nos émotions, de nos révoltes.
Merci pour ce moment émouvant, j’ai découvert Claudel.
Merci pour ce moment de vérité, de vie, de soif, d’infini comme la mer, de mystère, de sens.
Un très grand merci pour tant de beauté et de qualité de présence !
Très fort, vertigineux…combien l’homme est grand…Merci
Je suis enthousiaste. C’était sublime.
Que de paroles à méditer. Vous avez su nous atteindre le cœur et tout notre être.
Merveilleux ! Il est bon de croire, de voir, d’être éveillé.
Quelle ferveur !
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